samedi 12 mai 2012

ANNE-CATHERINE CARON













ANNE-CATHERINE CARON
« ROMAN CONTRE », 1973
Encre de chine sur toile non préparée, 33 x 24 cm.
10 mai -  17 juin 2012
Reproduite dans le « Magazine Littéraire » n° 90, juillet-août 1974, p.61, cette œuvre était destinée à figurer dans l’exposition Pensiez-vous (vraiment) voir une exposition Bientôt les lettristes (1946-1977) au Passage de Retz. Faute d’avoir pu prendre place dans cette manifestation, aux côtés d’autres réalisations romanesques de l’auteur, la Galerie du-sac-de-la-dame présente jusqu’au 17 juin l’éclairage que son possesseur actuel, le collectionneur et écrivain Joël Gayraud qui en est le dépositaire depuis plus d’une trentaine d’années, nous livre. 
ROMAN CONTRE
           Le Roman contre de Catherine Caron m'accompagne depuis bientôt trente-cinq ans. Cette petite toile écrue, semée de carrés dessinés à l'encre brune qui rappelle la couleur sépia des photographies anciennes,  m'est si familière qu'elle paraît avoir toujours été là, se greffant à de nouveaux murs à chacun de mes déménagements. Il me plaît de penser que, semblable à une plaque sensible, non à la lumière, mais aux événements quotidiens, aux paroles lancées ou étouffées, aux gestes ébauchés ou accomplis, et aussi bien à tous les possibles non réalisés, elle se soit imprégnée peu à peu de tout ce qu'elle a senti vivre en moi, chez moi et autour de moi. Elle rejoignait ainsi sa signification primitive, qui était de convier le « lecteur » à y projeter l'histoire qu'il lui convenait librement d'imaginer. Aussi ce roman aux cases vides qu'avait conçu une jeune femme de dix-huit ans pour que le regard d'autrui en écrive et en déchiffre simultanément les pages virtuelles, porte-t-il sans doute, en une surcharge invisible, la mémoire de discussions passionnées, de projets démesurés, de récits mirifiques, autant que de banalités désolantes, comme si chacun des petits carrés alignés sur la toile contenait imaginairement un chapitre réel de ma biographie rêvée.
           Roman contre, mais contre quoi ? Une première version, que je n'ai pas connue, car vite soumise à la censure du repentir précisait : contre l'ignorance. Cette prise de position a sans doute paru trop présomptueuse à celle qui, si jeune, avait encore tant à apprendre, et d'abord de la vie; elle a préféré l'effacer, et laisser indéterminée la visée, lui ouvrant du même coup un plus vaste champ de tir. Contre tout ce qui mérite d'être critiqué, donc, et dès lors l'entreprise est sans limites. Mais, avec le recul, il me plaît fort que l'ignorance ait été prise pour cible en priorité, tant cet outrage capital contre l'esprit a été systématiquement entretenu durant toutes ces années par les instances médiatiques et culturelles, voire érigé en valeur suprême d'une post-modernité décomplexée. Exactement ce à quoi Catherine Caron, dans l'inactualité radicale de sa démarche, a toujours su s'opposer.
                                                                                                       Joël Gayraud

jeudi 6 octobre 2011

ROLAND SABATIER



ROLAND SABATIER
PERMIS DE CONSTRUIRE. 1996-2011.
du 7 octobre au 15 novembre 2011
Edition imprimée sur bristol signée par l'auteur et numérotée de 1 à 50.
Conçue en 1996 pour l’exposition L’Architecture en son absence, organisée à la Galerie de Paris, cette réalisation est reprise ici dans une édition multipliée à 50 exemplaires destinés à permettre à ceux qui en feront l’acquisition l’obtention d’un permis de construire personnalisé d’un édifice supertemporel, concevable, à tout moment et sans aucune limite temporelle, à n’importe quel endroit et par n’importe qui, dont l’architecte-promoteur est Roland Sabatier.


dimanche 31 juillet 2011

JEAN-PIERRE GILLARD




JEAN-PIERRE GILLARD

CINQ INFINIS FROISSÉS AUX CINQ PSI RÉCONCILIANTS. 2011

du 1er août au 10 septembre 2011.

Liquide correcteur sur papiers Canson (19 x 3 cm chacun)

L’idée d’Isou nommée Excoordisme ou Téïsynisme a voulu que nous nous penchions sur la question des Infinis notamment plastiques et comment en rendre compte. On est là dans une pensée difficile. J’ai ici choisi “la voie sentimentale”. Des infinis s’étant battus pour des raisons inconnues, cinq psi sont venus se poser, cinq psi réconciliants. (JPG).

vendredi 25 mars 2011

ROLAND SABATIER : PLATON DISPERSE



Roland Sabatier
PLATON DISPERSE. 2011
Chapitre 6

jeudi 30 décembre 2010

ANNE-CATHERINE CARON



ANNE-CATHERINE CARON

PASSAGES ROMANESQUES EN CARRÉSIE, 2006.

Du 30 novembre 2010 au 28 janvier 2011

Encre et gouache sur feuille d’Arches 65 x50 rempliée. Hauteur :19 cm, largeur variable.

Le thème de cette narration, de ce roman des attachements et des détachements, entend fixer sans les figer des signes renvoyant à des lieux, des événements et des évolutions personnelles et, parfois collectives, au moyen de l’élémentique carrésique embrassée par l’auteur depuis son entrée dans le Lettrisme.

samedi 27 novembre 2010

ROLAND SABATIER




EXPOSITION ROLAND SABATIER
du 28 novembre au 28 décembre 2010
ŒUVRES DE PÉDAGOGIE ESTHÉTIQUE : VUE
D’ENSEMBLE SUR QUELQUES DÉPASSEMENTS PRÉCIS
(LA COLLECTION). 2010
Acryliques, encre et collages sur 140 bristols imprimés, format 10x15 cm. Tous signés, datés et titrés au revers.
Ensemble regroupant cent quarante reproductions choisies parmi les œuvres les plus représentatives de l’histoire de l’art plastique, sur lesquelles certains détails caractéristiques mis en valeur sont combinés à un contexte hypergraphique destiné à souligner les degrés d’inventions et de découvertes de chacune.

mardi 19 octobre 2010

DU LETTRISME ET DU MYSTERE A LA VILLA TAMARIS



Anne-Catherine Caron, LE ROMAN SANS NOM ou LE ROMAN DE LA VILLA TAMARIS (Narration supertemporelle), Publications PSI, 2010.

EXPOSITION DU 19 OCTOBRE AU 28 NOVEMBRE 2010

Par la pensée, ces quelques maigres fascicules pourraient recéler la quintessence enchanteresse de L’Iliade ou de L’Odysée, les failles et les déchirements de la matière humaine narrés dans Crimes et Châtiments ou dans Notre-Dame de Paris.

Dans mon esprit, ils figureraient également à loisir la mémorable cristallisation de l’instant amoureux décrite dans Le Rouge et le Noir, le pouvoir irrésistible et fascinant du désir de Madame Bovary, les meurtres ou les assassinats les plus cruels de Guerre et Paix et des Frères Karamasov ou, encore, la subtilité insensée de l’introspection transcendée par l’écriture d’A la Recherche du temps perdu.

Dans mon rêve, ils s’incarneraient aussi dans les méandres de la déconstruction linguistique de Finnegans wake, puis dans les reconstructions métagraphiques romanesques des Journaux des Dieux, de Saint Ghetto des Prêts, de Initiation à la haute volupté, des brisures irrémédiables du Roman du Soulèvement de la Jeunesse, d’Images à lire, de Poïesis ou encore de Jonas ou le corps à la recherche de son âme, des Mystères de Phi, des Platanes alignés, de Manipulitude et, puisqu'il faut clore provisoirement cette énumération, dans l’hermétisme extrême de De la Carritude en Lettrisme, de L’une ou la même, l’autre, et de Roman à Equarrir.

Toutefois, je pense qu’une beauté plus sublime encore résiderait dans le fait que mes lecteurs potentiels se métamorphosent en auteurs pour augmenter ma quête d’un thème, d’un sujet et donc d’un titre servant à l’étalement sans fin de mes carrés alignés depuis les années soixante-dix. Il pourrait s’agir d’une histoire d’atrocités guerrières, d’une épopée voluptueuse, d’une histoire d’amours insensées, mais aussi d’un de ces nouveaux « Romans infinis », chers à Von Hardenberg, embrassant, sur le plan d’une thématique possible, une narration à clé ou les clés possibles d’une nouvelle émanation fictionnelle encore indécelable.

Lecteurs, c’est à vous maintenant de trouver tous les thèmes de mon roman et de lui attribuer un titre.